Le chat botté
(Transcription en alexandrins)
Il était une fois, un brave et vieux meunier,
Qui sentant malheureusement sa fin proche,
Réunit ses enfants du premier au dernier,
Mais pas du tout pour leur faire des reproches.
-Il vous appartient de prendre la relève,
Leur expliquât-il tout de go, sans ambages,
Pour moi, mes enfants, hélas, la vie s'achève,
Et je dois vous distribuer l'héritage.
Alors à son aîné, il donna le moulin,
Le deuxième enfant, quant à lui, reçut l'âne,
Quant au petit dernier, avant d'être orphelin,
Il reçut un beau chat de race persane.
Le plus jeune, se sentit un peu déconfit :
-Hériter d'un chat, que vais-je donc en faire,
Je ne pourrai même pas en tirer profit,
Je l'ai désormais et ne puis m'en défaire !
Mais le chat qui l'avait entendu, répondit :
-Alors, mon cher Maître, ne vous lamentez pas.
Vous le constaterez, je suis bien dégourdi,
Vous aurez des habits ainsi que vos repas.
-Trouvez un sac et une paire de bottes,
(Que le chat parlât, il n'en fut pas étonné),
il trouva cela dans une vieille hotte,
Et s'empressa vite de le lui donner.
Le chat, mit ses bottes et partit dans la forêt,
Ayant vite transformé le sac en piége,
Ainsi, un beau lapin bien dodu qui courait,
Fut prit par ce chat doué et fin stratège !
Le chat rendit visite au Roi, dans son palais,
Qui en personne, le reçut courtoisement,
Il ouvrit donc son sac, afin de "déballer"
Le beau lapin qu'il lui présenta fièrement.
Puis, le donnant au Roi, il dit à voix basse :
(Qu'on ne l'entendit point, car c'était un secret),
-Cadeau de mon Maître, Marquis de Carabas,
Mais Majesté, il préfère rester discret.
Puis le lendemain, il attrapa deux perdrix,
Qu'il porta au Roi, de la part de son Maître,
Le Monarque alors, se montra fort attendri,
De voir le Marquis, il le lui fit promettre.
Ainsi, chaque jour, il apporta un "cadeau",
Après une semaine, il dit au jeune homme :
-Courez à la rivière, allez vous mettre à l'eau,
Car il va passer, le chef de ce royaume !
Le jeune garçon, fit ce qu'on lui demandait,
Il entendit alors, le bruit d'un carrosse,
Puis il vit le Roi escorté de ses cadets,
Le chat hurlant comme une bête féroce :
-Au secours, cria le chat, le Marquis se noie !
Le roi fit donc arrêter son attelage,
Donnant l'ordre à ses dobermans et ses danois,
De plonger pour pratiquer le sauvetage.
Puis il lui trouva vite des vêtements secs,
Vêtu ainsi, il ressemblait à un noble,
Le Roi l'invita donc et il partit avec,
Visiter terres, domaines et vignobles.
Il aperçut alors la jolie princesse,
La jeune fille le trouva fort à son goût,
Il en rêva longtemps, il n'avait de cesse,
De la caresser et l'embrasser dans le cou !
Mais le chat, quant à lui, poursuivait son chemin,
Et en voyant les paysans qui moissonnaient,
Leur dit de répéter, sans attendre demain,
Que toutes ces terres, au marquis, appartenait.
Le beau carrosse arrive et le Roi demande :
-A qui donc, appartiennent toutes ces terres ?
Et de peur que le chat ne les réprimande,
Ils dirent : Le Marquis est propriétaire !
Il en fut de même dans toute la contrée,
Les réponses aux questions étaient bien les mêmes,
Le Roi fut très heureux de l'avoir rencontré,
Ce si beau marquis que déjà sa fille aime !
Mais notre chat arrivait en vue d'un château,
Un ogre y vivait et possédait les terres
Que le matou, offrait comme sur un plateau,
Au jeune "Marquis", toujours célibataire.
-Je sais bien dit le chat que vous avez un don :
Vous pouvez vous changer en beaucoup d'animaux,
Si de votre corps, vous en faites l'abandon,
Je verrai ainsi, vos pouvoirs paranormaux.
L'ogre, très flatté, qu'à lui on s'intéresse,
Entreprend aussitôt la métamorphose,
Par le biais d'incantations enchanteresses,
Il produit ainsi, un spectacle grandiose !
Alors le merveilleux matou lui demande,
Précisant qu'il a un animal favori,
Si, il pouvait, mais sans qu'on le lui commande,
Se transformer en un rat ou une souris.
L'ogre qui est un être fier et arrogant,
Ne supportant pas que de lui on se moque,
Se change en un gros rat très laid et provocant,
Et le chat se jette dessus puis le croque.
Allant ensuite à la rencontre du bon Roi,
Il l'invite à dîner dans son si grand palais,
Le Monarque accepta avec beaucoup de joie,
Et passa toute la nuit à se régaler.
Mais voyant les regards que lance sa fille,
Le Roi proposa sa main au jeune Marquis,
Ainsi, le garçon entra dans sa famille,
Et passa depuis lors, de très longs jours exquis.
Les noces furent célébrées le lendemain,
Le jeune et beau couple, nageait en plein bonheur,
Les yeux dans les yeux et puis la main dans la main,
Quant au chat, il eut droit à de bien grands honneurs !
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